70E ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES

Retrouvez les déclarations du président de la République et des autorités françaises aà la 70e assemblée générale des Nations Unies.

INTERVENTION DEVANT L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES

New York, le 28 septembre 2015

ENGAGEMENT DES FORCES AÉRIENNES FRANÇAISES EN SYRIE

Déclaration de M. François Hollande, président de la République
New York, 27 septembre 2015

Mesdames,

Messieurs,

La France a frappé ce matin en Syrie un camp d’entraînement de ce groupe terroriste Daech qui menaçait la sécurité de notre pays.

La frappe s’est produite sur le camp dans une localité proche de Deir ez Zor, à l’est de la Syrie. Cette opération s’est inscrite dans le cadre de la décision que j’avais prise le 7 septembre d’envoyer des vols de reconnaissance, pour identifier des cibles qui pouvaient correspondre justement à ce que nous voulions marquer comme intention : protéger notre territoire, prévenir des actions terroristes, agir en légitime défense.

Les cibles ont pu être identifiées grâce à ces vols de reconnaissance, mais aussi grâce à la coalition qui nous a également fourni des informations. Nos forces ont atteint leurs objectifs ; le camp a été en totalité détruit. 6 avions ont été utilisés dont 5 Rafale. Et nous avons pu être sûrs que la population civile n’avait pas eu de conséquences quant à notre opération.

D’autres frappes pourront avoir lieu dans les prochaines semaines si nécessaire, avec toujours le même objectif : identifier les cibles qui correspondent à des camps d’entraînement ou à des lieux où nous savons que le groupe terroriste Daech peut menacer la sécurité de notre pays ou mener des actions terroristes.

Il y a ce que nous faisons au plan militaire, que nous faisons d’ailleurs de manière autonome, même si nous travaillons avec la coalition. Et puis il y a ce que nous faisons aussi au plan politique et diplomatique. Je suis ici à New York et je vais - avec le ministre des affaires étrangères - rencontrer tous les partenaires, protagonistes de ce qu’on appelle « le conflit syrien » ; un conflit qui a fait 250.000 morts et dont Bachar Al-Assad est le principal responsable, même si maintenant et depuis plusieurs mois le groupe Daech commet des atrocités sans nom.

Cette solution politique, elle suppose d’intégrer toutes les parties prenantes - je dis bien toutes les parties prenantes. Et la France discute avec tous et n’écarte personne. En revanche, la France considère que l’avenir de la Syrie ne peut pas passer par Bachar Al-Assad.

Nous devons donc, durant toute cette période, mener à bien cette recherche d’une solution politique tout en protégeant nos intérêts, par des actions militaires ciblées qui doivent à chaque fois nous permettre de prévenir un certain nombre d’actes qui pourraient être commis dans notre pays ou d’actions qui pourraient avoir comme conséquence de mettre des coups terribles à la population civile.

La France agit au nom de principes, la France agit pour trouver une solution en Syrie et la France agit également pour se protéger. Merci./.

RÉUNION SUR L’ÉGALITÉ DES GENRES

Allocution de M. François Hollande, président de la République
New York, 27 septembre 2015

Monsieur le Président de la République populaire de Chine,

Madame la Représentante de la Commission Femme des Nations unies,

Mesdames,

Messieurs,

Je salue d’abord l’initiative qui a été prise par le président Xi Jinping et le secrétaire général pour l’organisation de ce sommet. Il y a 20 ans, une conférence à Pékin faisait souffler un esprit nouveau dans le monde. Des progrès considérables ont pu être accomplis et ici, vous en avez donné de nombreux exemples. Et pourtant 20 ans après, 65 millions de jeunes filles ne sont toujours pas scolarisées, 80% des victimes de la traite des êtres humains sont des femmes et 1 femme sur 3 dans le monde est victime de violences physiques ou sexuelles. Voilà aussi le résultat qui nous accable et qui justifie cette nouvelle initiative.

Que devons-nous faire, quels objectifs devons-nous nous fixer ? Le premier, c’est de promouvoir la place des femmes parce que c’est une chance pour le développement. Promouvoir la place des femmes est inscrit dans l’agenda post-2015 pour le développement durable. L’enjeu, c’est de permettre à toutes les jeunes filles dans le monde d’aller librement à l’école, d’accéder à l’emploi, de pouvoir également devenir créatrices d’entreprise et, donc, de pouvoir être autonomes, indépendantes pour leur vie. C’est une chance pour le développement du monde que d’avoir davantage de femmes formées, actives et capables de réussir.

Le deuxième objectif, c’est de promouvoir la place des femmes pour la paix. Il y a 15 ans, le Conseil de sécurité a adopté une résolution, la 1325, qui reconnaissait l’impact démesuré des conflits armés sur les femmes. Nous en avons hélas ces derniers mois une terrible illustration. En Syrie, ce sont les femmes qui subissent les pires atrocités du régime comme du groupe Daech : les viols, les mariages forcés, la prostitution sont le quotidien des régions contrôlées notamment par le groupe Daech. En Afrique de l’Ouest, Boko Haram enlève les jeunes filles, utilise la violence sexuelle comme une arme de guerre et même dans les camps des réfugiés, nous constatons que les femmes et les enfants sont particulièrement vulnérables. Alors nous devons nous mobiliser et c’est ce que nous allons faire au cours de cette Assemblée générale pour renforcer les moyens du Haut-commissariat aux Réfugiés, pour trouver une solution à ce qui se passe en Syrie, pour aider les pays d’Afrique de l’Ouest à lutter contre le terrorisme, parce qu’arrêter la guerre, c’est mettre un terme aux souffrances des femmes.

Promouvoir aussi la place des femmes, c’est agir pour la planète. Vous savez qu’à Paris va se tenir la conférence sur le climat et nous avons pu d’ores et déjà constater que les injustices climatiques renforcent encore les inégalités, créent des déplacements, des exils, des réfugiés. Nous avons également pu constater que ce sont les femmes qui peuvent être les plus capables de jouer un rôle pour trouver des solutions à la lutte contre le réchauffement climatique et à la préservation pour l’environnement. Et c’est la raison pour laquelle je demanderai que dans les moyens financiers que nous dégagerons dans la conférence de Paris, les projets présentés par les femmes soient considérés comme prioritaires.

Le dernier objectif, c’est de promouvoir la place des femmes parce que c’est agir pour la dignité des hommes et des femmes. J’appelle donc à la ratification universelle de la convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’encontre des femmes. Plus de 200 millions de femmes sont aujourd’hui dépourvues d’accès à la contraception. Elles sont également très nombreuses à être victimes de mutilations sexuelles. Je ne le dis pas pour m’ingérer dans des questions qui seraient culturelles ou religieuses, je le dis parce que c’est un droit fondamental que de permettre aux femmes de choisir librement le nombre de leurs enfants.

Mais si nous voulons que ces objectifs deviennent véritablement des mots d’ordre pour la communauté internationale, si nous voulons qu’ils puissent être atteints, il y a une manière de faire : faire accéder beaucoup plus de femmes aux responsabilités des pays qui composent la communauté internationale, assurer la parité à tous les niveaux de l’administration et de la politique. Si je peux donner un exemple : en France, le gouvernement que j’ai choisi, est composé de plus de femmes que d’hommes.

Merci.

Dernière modification : 29/09/2015

Haut de page