Cérémonie du 11 novembre au Lycée Français de New York

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Dix-neuf vétérans américains de la Seconde Guerre mondiale ont été décorés des insignes de Chevalier de la Légion d’Honneur par le Consul général, M. Bertrand Lortholary, et par M. Guy Wildenstein, Président de The American Society of the French Legion of Honor, lors de la cérémonie du 11 novembre au Lycée français de New York pour l’anniversaire de l’Armistice de la Première Guerre mondiale.

Ils étaient accompagnés de M. Alain Dupuis, Président de The Federation of French War Veterans, et de Sean Lynch, Proviseur du Lycée français de New York.

Des élèves du Lycée français de New York ont chanté les deux hymnes nationaux et ont lu tour à tour des extraits de textes historiques.
 

 
Discours prononcé par le Consul général, M. Bertrand Lortholary
 
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Cher Monsieur le Conseiller à l’Assemblée des Français de l’Etranger,
Mesdames et Messieurs,
Chers amis,

Nous sommes réunis cet après-midi pour rendre hommage à des hommes qui furent non seulement les témoins, mais aussi les héros de l’une des pages les plus douloureuses de notre histoire. Pour la 3e année consécutive, cette cérémonie se tient symboliquement au lycée français de New York, en présence des anciennes et des plus jeunes générations de l’amitié franco américaine. Je remercie chaleureusement le proviseur du Lycée, Sean Lynch, et toute son équipe de nous y accueillir à nouveau.

J’aurai le plaisir de remettre tout à l’heure, au nom du président de la République, les insignes de la Légion d’honneur à 19 héros américains qui ont contribué, il y a 68 ans, à libérer la France et l’Europe. Aujourd’hui nous rendons également hommage à vos ainés à deux jours de la commémoration de la fin de la Première Guerre Mondiale, le 11 novembre 1918.

Les élèves de 3e, ici présents, étudient cette période de l’histoire et ils y découvrent les horreurs de la Grande guerre avec ses millions de morts, de blessés et d’invalides. Elle a plongé des villes, des villages, des familles dans le deuil. Il est toujours difficile de se représenter la réalité des combats qui ont eu lieu et leur atrocité, la souffrance physique et morale, la peur aussi, ainsi que le courage dont ils ont du faire preuve pour défendre nos libertés.

Mesdames, Messieurs,

C’est par les mots de ces soldats des tranchées adressés à leurs proches, des mots poignants exprimant une grande détresse, que j’aimerais ici évoquer, en français, cette page noire de notre histoire. Je vais vous lire un extrait d’une lettre écrite par un soldat français, à ses proches, en 1916, une année terrible pour la France. Elle rappelle toute l’horreur d’une guerre sans pitié. Ainsi s’exprimait Joseph Gilles :

"Tu ne peux pas te faire idée, ma chère, combien nous sommes malheureux ; pourtant je n’ai pas trop l’habitude de me plaindre, mais ce coup-ci j’y suis obligé car c’est une chose au-dessus de l’imaginable, c’est à ne pas pouvoir te dire. Dans ce tunnel, nous sommes une affaire de 3000 hommes en réserve, dans une humidité car l’eau ruisselle tout le long des murs, et il faut pourtant coucher là sur la voie de chemin de fer. On va chercher les vivres en pleine nuit près de Verdun, accompagnés tout le long du chemin par les obus, ce qui fait que nous ne pouvons faire qu’un repas par jour et sans soupe. Pour se rendre aux premières lignes, c’est très pénible et très dangereux ; un kilomètre environ avant d’arriver, il y a un passage dénommé le ravin de la mort, qui sait les hommes qu’il y a de tués là-dedans ; il faut y passer, il n’y a pas d’autre endroit."

Ces mots témoignent du courage de nos soldats. Nous nous souvenons du sang versé sur la Marne, en Picardie, à Verdun, au Chemin des Dames et de tous ceux, Français et étrangers, qui se sont battus pour nous.

Messieurs,

Aujourd’hui, nous honorons l’amitié franco américaine, une amitié que vous avez incarnée en vous battant pour la libération de la France en 1944, une amitié de plus de 200 ans qui a su montrer sa solidité aux moments les plus critiques de notre histoire. De l’intervention des troupes du général La Fayette aux côtés du général Washington en 1777 à l’engagement des Etats-Unis aux côtés de la France au cours des deux dernières guerres mondiales.

Deux millions de soldats américains se sont battus en France au cours d’une guerre qui n’a malheureusement pas été la « der des ders ». A l’image de vos ainés, vous avez connu la peur, vous avez vu la mort et fait preuve d’un immense courage. Vous étiez bien jeune lorsque vous êtes partis il y a 68 ans pour combattre aux côtés des Alliés. C’était pour une cause et des valeurs que nos pays ont toujours partagé : la démocratie, l’Etat de droit, la liberté. 800 000 de vos compatriotes ont participé à la libération de la France. En Normandie, en Provence et dans les Ardennes, vous avez été les héros de tous les français. C’est grâce à vous, à tous les vétérans, que la France est aujourd’hui libre et souveraine et que l’Europe se trouve réconciliée et en paix.

A cet égard, à quelques mois d’une autre commémoration, celle du cinquantenaire du traité de coopération franco-allemand, j’aimerais aussi rappeler l’amitié indéfectible qui lie désormais nos deux peuples.

Messieurs,

La Nation française souhaite vous rendre ici un hommage solennel pour avoir libéré notre pays. Je me joins aux plus jeunes générations qui je l’espère, n’auront pas à connaitre autant de souffrance, pour vous marquer toute notre gratitude et vous dire que nous n’oublierons jamais votre courage.

Messieurs,

Vous avez été nommés par le Président de la République, François Hollande, pour recevoir les insignes de Chevalier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur. Notre pays a souhaité vous honorer pour les mérites éminents rendus à la Nation française en vous conférant sa plus haute distinction.

Je laisse maintenant la parole à Guy Wildenstein, Président de la Société Américaine de la Légion d’Honneur Française, qui souhaite vous adresser quelques mots avant que nous procédions ensemble à la remise des médailles.

Dernière modification : 03/06/2016

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