Déplacement de Mme Nathalie Kosciusko-Morizet aux Etats-Unis

Du 10 au 12 avril 2011, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, du Développement durable, des Transports et du Logement, a effectué un déplacement aux Etats-Unis.

JPEG A cette occasion, la ministre a rencontré des leaders d’opinion représentatifs des milieux de la finance, des think- tank, de l’industrie et de la presse pour évoquer le financement de la croissance verte, dans le contexte de la lutte contre les conséquences des changements climatiques, une des priorités de la présidence française du G20.

Mme Kosciusko-Morizet s’est rendu dans un premier temps à la Nouvelle-Orléans, durement touchée en 2005 par l’ouragan Katrina, où elle s’est entretenu avec des associations, des élus locaux, et des industriels, sur la mise en œuvre de la reconstruction post catastrophe.

La ministre s’est rendu ensuite à New York, où elle a présidé une conférence de la New York University, sur le thème des financements innovants dans le cadre de la lutte contre le changement climatique. Sujet qui était également au centre de son entretien avec Monsieur Ban Ki Moon, Secrétaire général des Nations-Unies.

Le lendemain, la ministre a effectué une série d’entretiens et de visites sur le terrain, sur le thème des politiques environnementales de la ville. A Newtown Creek, un estuaire en voie de réhabilitation, le Département de la protection de l’environnement a présenté sa gestion des eaux en zone fortement polluée et sa politique de traitement des déchets industriels. Le retour à Manhattan était l’occasion d’évoquer les politiques de transports de la ville visant à réduire l’émission des gaz à effet de serre. Puis Madame Nathalie Kosciusko-Morizet a effectué une visite du siège de Bank of America, une construction pionnière en matière de respect de l’environnement.

Aux Etats-Unis, de la Nouvelle Orléans à New-York

Source - NKM-blog.org
 
JPEGFace aux catastrophes naturelles, les mêmes questions reviennent, oppressantes : comment les prévenir, comment reconstruire une ville, comment accompagner les populations touchées ? Un an après Xynthia et un mois après les drames successifs qui ont frappé le Japon, mon déplacement à la Nouvelle Orléans a bien sûr une signification particulière. J’étais à Sendai y a quelques jours, et me voilà dans la ville que le cyclone Katrina avait balayée en 2005, et qui a été touchée, de nouveau, l’an dernier, par une marée noire.
La première impression du visiteur est favorable : on se dit que la ville s’est redressée. Le Jazz French Quarter Festival bat son plein et attire des dizaines de milliers de visiteurs ; les musiciens ont envahi les rues. Mais il aura fallu cinq ans, me disent les autorités locales, pour que les habitants acceptent d’aller de l’avant. 2010 aura été l’année du renouveau. Celle de la victoire des Saints au Super Bowl, après une remarquable saison 2009, puis l’élection d’un nouveau maire.
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Mais quand on traverse le 9ème district de la ville, le quartier le plus dévasté après la rupture des digues, l’ambiance n’est plus la même. Dans ce quartier où les habitations étaient historiquement très denses, des terrains vagues ont remplacé des centaines d’habitations. Et l’on voit ici que Katrina a fait d’autant plus de dégâts que les activités humaines les ont en quelque sorte préparés : les digues qui ont rompu sont uniquement celles qui se trouvaient sur des canaux artificiels, créés pour l’industrie gazière et pétrolière. Ces tranchées sont de véritables boulevards à ouragans. L’aménagement du fleuve engendre également un autre phénomène très inquiétant, en l’espèce d’une érosion côtière qui entraîne avec elle un appauvrissement considérable de la biodiversité. La Louisiane voit disparaitre l’équivalent d’un terrain de football toutes les 50 minutes. Si rien n’est fait maintenant, en 2100, la Nouvelle Orléans sera devenue une île.
Un an après Xynthia en Charente maritime et en Vendée, six ans après Katrina et quelques semaines après Sendai au Japon, je vois combien les peuples et les États ne réagissent pas du tout de la même manière à des catastrophes naturelles pourtant semblables. Les Etats unis ont édifié le plus grand mur du monde pour prévenir des inondations, et les anciens habitants décident librement de se réinstaller ou non dans les zone sinistrées. En France, nous avons clairement opté pour une solution administrative, en choisissant d’évacuer définitivement des zones jugées dangereuses et de redéfinir nos documents d’urbanisme. J’ai eu grand peine tous ces derniers mois à rechercher avec les élus, les solutions les plus fines possibles, jusqu’à individualiser l’approche. Cela n’entrait pas dans nos traditions.

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Table ronde de Nathalie Kosciusko-Morizet à NYU

La situation est encore différente au Japon, où la première chose qui frappe le visiteur est l’endossement collectif du malheur par le peuple japonais, et la résignation individuelle au destin commun. Les déplacements de populations décidés après le tremblement de terre de Kobé avaient conduit à de graves effets de désocialisation. On a des solutions nationales complexes, pour faire face à des phénomènes dont on sait maintenant qu’ils sont aussi les conséquences de l’activité humaine mondiale. Il faut travailler davantage encore à la prise de conscience mondiale. La question du financement de la lutte contre le réchauffement est décisive, et la seule réponse possible est une contrainte financière mondiale.
C’est d’ailleurs dans cette perspective que je vais m’entretenir aujourd’hui à New York avec des universitaires, des représentants des think tanks, du monde financier et des ONG, sur la recherche de « financements innovants ». Conférence et table ronde auront lieu toute la journée à la New-York University, School of Law. J’ai pu dès hier soir attirer l’attention du Secrétaire général de l’ONU sur ces questions que nous souhaitons mettre au cœur de la présidence française du G20. Le Président de la République veut prendre une initiative forte en la matière. L’occasion est là.

Retrouvez le blog de Nathalie Kosciusko-Morizet dont est extrait cet article.

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Dernière modification : 19/04/2011

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