L’association PHARE Enfants-Parents sommet international de recherche sur le suicide à New-York.

L’association PHARE Enfants-Parents, qui œuvre pour la prévention du mal-être et du suicide des jeunes, a réalisé une étude auprès des parents de jeunes suicidés, dans le but de mieux comprendre le geste suicidaire. Elle en présentera les résultats lors du sommet international de recherche sur le suicide le 11 octobre prochain, à New-York.

En France, le suicide est la première cause de mortalité chez les jeunes de 25/34 ans et la seconde pour les 15/24 ans. Pour lutter contre ce fléau, PHARE Enfants-Parents s’est attaché à étudier les circonstances qui entourent le suicide des jeunes pour mieux le prévenir.

Peu d’études existent en France sur les profils des suicidés, leur comportement, leur suivi psychiatrique. Depuis 1997, un questionnaire identique est remis aux parents de jeunes suicidés, adhérant à l’association. L’étude porte sur un échantillon de 243 questionnaires. Face aux 500 suicides recensés en France chez les moins de 24 ansi, elle ne peut être considérée comme représentative. Cependant, elle présente un caractère novateur dans la révélation d’informations sur le profil des jeunes suicidés et sur les difficultés des parents à interpréter les signes avant-coureurs.

Profil : des jeunes ouverts aux autres, attirés par les activités culturelles et artistiques

La moyenne d’âge des jeunes suicidés de l’étude est de 22 ans, les 3⁄4 avaient moins de 25 ans. 60% habitaient encore chez leur parents et près de 40% étaient étudiants ou lycéens, 30% employés. Pour 70% d’entre eux, l’environnement familial était dépourvu de relations conflictuelles. La séparation des parents ne semblent pas constituer un élément décisif.
L’étude révèle qu’une grande majorité des profils avaient un comportement positif et agréable, plutôt calme et ouvert aux autres. Les comportements inactifs, passifs voire agressifs ou violents ne concernent qu’une minorité.
Il est clair, en revanche, que le goût pour les activités notamment culturelles et artistiques est un trait commun observé chez chacun d’eux.
L’analyse du profil des jeunes suicidés met en évidence la complexité de la prévention, avec l’émergence d’une catégorie échappant à toute observation médicale et psychiatrique. 30% des suicidés n’étaient affectés d’aucun trouble psychique ou ceux-ci n’avaient été identifiés.
« Ces résultats soulèvent la question des facteurs de protection et interpellent sur les mesures nécessaires à prendre dans les milieux scolaires et universitaires. Le harcèlement scolaire, amplifié par l’utilisation des moyens techniques de communication, est insuffisamment combattu et les plus vulnérables en sont souvent les victimes », commente Thérèse Hannier, Présidente de PHARE Enfants-Parents.

Des parents souvent démunis et ignorants des signes avant-coureurs

L’étude pose la question de la place des parents dans le dispositif de suivi médicalisé. Seuls 35% des parents avaient dentifié chez leur enfant des signes avant-coureurs, avant le passage à l’acte. 46% seulement après le drame. Malgré les traitements médicamenteux et/ou psychiatriques beaucoup de suicides n’ont pu être évités. Pourtant 70% des jeunes étaient suivis et la moitié avaient déjà effectué une tentative de suicide.
Un tiers d’entre eux en était, même, à leur 3ème tentative ou plus. « Au titre du secret professionnel et de la relation de confiance qui doit s’établir entre le praticien et le patient, aucun diagnostic n’est livré aux parents, aucun conseil ne leur est donné. C’est souvent après le décès de l’enfant, que les langues se délient », déplore Thérèse Hannier. « Il apparaît bien là la nécessité de mettre en œuvre des dispositifs médicaux plus efficients, en collaboration avec les parents, pour lutter contre les idées suicidaires ».

Agir sur l’information pour améliorer le repérage des signes de mal-être

En France, le nombre de suicides diminue depuis 2000, date d’un premier plan national de prévention du suicide, passant de 10 837 en 2000 à 9 785 en 2012, soit une diminution de 6 %. Néanmoins, c’est la moins forte diminution parmi les morts évitables, si l’on compare avec celle des accidents mortels de la route, dont le nombre de morts à baissé de 58 % sur la même période.
Aucune campagne de sensibilisation sur le thème du mal-être n’a eu lieu en France et les moyens financiers engagés ne sont pas à la hauteur du fléau à combattre », regrette Thérèse Hannier.

Le repérage des signes de mal-être est l’approche préventive la plus évidente. D’après l’étude, 77% des parents ont identifié certains signes. Seuls 35 % des parents ont pu les identifier avant le passage à l’acte.

C’est pourquoi, PHARE Enfants-Parents a toujours eu le souci de les faire connaître le plus largement possible, à travers ses ouvrages destinés aux parents et éducateurs. Elle propose maintenant, sur son site internet www.phare.org, des fiches de prévention, par thèmes, présentant les principaux signes de mal-être. Elles sont gratuites et accessibles à tous.

CONTACTS PRESSE :
Virginie Belloir
Agence Florence Gillier & Associés
Tél. : 01 41 18 85 55 | 06 46 05 26 31 virginieb@fgcom.fr
Thérèse Hannier Présidente de l’association 06 61 54 93 64

PHARE Enfants-Parents :
5 Rue Guillaumot, 75012 Paris www.phare.org |   Phare Enfants-Parents
Association loi 1901 d’intérêt général, PHARE Enfants-Parents œuvre depuis 24 ans pour prévenir le mal-être et le suicide des jeunes. Fondée et présidée par Thérèse HANNIER, également co-fondatrice puis présidente (de 2010 à 2012) de l’UNPS (Union Nationale de Prévention du Suicide), l’association apporte écoute et assistance aux parents et enfants, ainsi qu’à toute personne confrontée au mal-être d’un jeune.
Ligne d’écoute : 01 43 46 00 62 |vivre@phare.org

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Dernière modification : 08/10/2015

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